Une métaphore très parlante expliquant les effets sur l'esprit de l'absence de retenue par rapport aux organes sensoriels, et l'extrême confusion qui en découle. Chacun peut y comprendre clairement l'intérêt et la nécessité d'une telle retenue.
Evaṃ me sutaṃ.
– Supposez, bhikkhus, qu'un homme attrape six animaux de différentes natures et d'habitats d'origine différents - un serpent, un crocodile, un oiseau, un chien,
un chacal et un singe - les attachant chacun avec une corde solide. Les ayant chacun attachés avec une corde solide, il attache les cordes ensemble en leur
milieu, et les laisse aller. Maintenant, bhikkhus, ces six animaux de différentes natures et d'habitats d'origine différents tournent sur place
et luttent, chacun essayant de se rendre dans son habitat naturel. Le serpent lutte en pensant 'je vais aller trouver une fourmillière';
le crocodile pense: 'je vais me diriger vers l'eau'; l'oiseau: 'je vais m'envoler dans les airs'; le chien: 'je vais me rendre au village';
le chacal: 'je vais aller trouver un charnier'; le singe: 'je vais me diriger vers la forêt'.
– Maintenant, bhikkhus, lorsque ces six animaux deviennent las, ils cèdent à celui qui est le plus fort, ils le suivent et demeurent
en son pouvoir. De la même manière, bhikkhus, lorsqu'un bhikkhu échoue dans la pratique et le développement de l'attention portée au corps, l'oeil
lutte pour l'amener vers des objets attirants, alors que les objets déplaisants lui répugnent... le nez ... la langue ... l'oreille ...
le corps ... L'esprit lutte pour l'amener vers des pensées plaisantes, alors que les pensées déplaisantes lui répugnent.
– Ceci, bhikkhus, est le manque de retenue.
– Et qu'est-ce que la retenue? En cela, un bhikkhu, lorsqu'il voit des objets avec l'oeil, n'est pas attiré par les objets attirants et n'est pas
répugné par les objets répugnants. Il demeure avec son attention fermement établie dans l'observation du corps, son esprit étant illimité (à cause de la concentration).
Il connaît directement cette libération du coeur, cette libération par la sagesse, par laquelle les états mauvais et maladroits qui sont apparus
disparaissent sans laisser de traces...
– Supposez qu'un homme attrappe ces six animaux, et qu'il attache la corde à un solide poteau ou à un pilier. Dans ce cas, lorsque les animaux
deviennent las, ils doivent se tenir debouts, accroupis ou couchés près du solide poteau ou du pilier. De la même manière, bhikkhus, lorsqu'un
bhikkhu pratique et développe l'attention dirigée vers le corps, l'oeil ne lutte pas pour l'attirer vers des objets attirants, et les objets
déplaisants ne lui répugnent pas... le nez ... la langue ... l'oreille ... le corps ... l'esprit ne lutte pas pour l'attirer vers des
pensées attirantes, et les pensées déplaisantes ne lui répugnent pas.
– Ceci, bhikkhus, est la retenue.
– L'expression 'attaché à un solide poteau ou un pilier', bhikkhus, fait référence à l'attention portée au corps. En conséquence, bhikkhus, vous devez
vous entraîner de cette manière: 'nous pratiquerons l'attention portée au corps, nous la développerons, nous en ferons notre véhicule, notre
logis, notre recours, nous l'établirons et l'entreprendrons minutieusement'.
C'est ainsi, bhikkhus, que vous devez vous entraîner.
Maurice O'Connell Walshe.

