'celui {qui donne} de la nourriture aux indigents'
Anāthapiṇḍika, le riche bienfaiteur qui ferait plus tard don du célèbre parc du bois de Jeta, rencontre le Bouddha pour la première fois.
En une occasion, le Bhagavā séjournait près de Rājagaha, dans le bois Calme. En cette occasion, Anāthapiṇḍika le maître de maison était arrivé à Rājagaha pour affaires. Il entendit dire: 'Un Bouddha est apparu dans le monde' et il voulait aller voir immédiatement le Bhagavā. Mais la pensée suivante lui vint: 'Aujourd'hui, ce n'est pas le moment opportun pour aller voir le Bhagavā. Demain, j'irai voir le Bhagavā au moment opportun.' Il s'endormit avec son attention dirigée vers le Bouddha. Il se leva trois fois pendant la nuit, pensant que c'était le matin. Ensuite, Anāthapiṇḍika le maître de maison se rendit au portail du charnier. Des êtres non-humains ouvrirent la porte.
Puis, lorsque Anāthapiṇḍika le maître de maison eut quitté la ville, la lumière disparut et l'obscurité apparut. La peur, l'appréhension et la terreur apparurent, et à cause de cela, il voulait revenir en arrière. Alors le yakkha Sivaka, invisible, proclama:
Cent éléphants, cent chevaux,
Cent charrues tirées par des mules
Cent mille jeunes filles parées
De bijoux et de boucles d'oreille
Ne valent pas un seizième
D'un seul pas en avant.
Va de l'avant, maître de maison!
Va de l'avant, maître de maison!
Aller de l'avant, pour toi,
Est meilleur. Pas en arrière!
Alors l'obscurité disparut et la lumière apparut. La peur, l'appréhension et la terreur qu'il avait ressenties disparurent.
Une seconde fois, la lumière disparut et l'obscurité apparut. La peur, l'appréhension et la terreur apparurent, et à cause de cela, il voulait revenir en arrière. Alors le yakkha Sivaka, invisible, proclama:
Cent éléphants, cent chevaux,
Cent charrues tirées par des mules
Cent mille jeunes filles parées
De bijoux et de boucles d'oreille
Ne valent pas un seizième
D'un seul pas en avant.
Va de l'avant, maître de maison!
Va de l'avant, maître de maison!
Aller de l'avant, pour toi,
Est meilleur. Pas en arrière!
Alors l'obscurité disparut et la lumière apparut. La peur, l'appréhension et la terreur qu'il avait ressenties disparurent.
Une troisième fois, la lumière disparut et l'obscurité apparut. La peur, l'appréhension et la terreur apparurent, et à cause de cela, il voulait revenir en arrière. Alors le yakkha Sivaka, invisible, proclama:
Cent éléphants, cent chevaux,
Cent charrues tirées par des mules
Cent mille jeunes filles parées
De bijoux et de boucles d'oreille
Ne valent pas un seizième
D'un seul pas en avant.
Va de l'avant, maître de maison!
Va de l'avant, maître de maison!
Aller de l'avant, pour toi,
Est meilleur. Pas en arrière!
Alors l'obscurité disparut et la lumière apparut. La peur, l'appréhension et la terreur qu'il avait ressenties disparurent.
Ensuite, Anāthapiṇḍika le maître de maison alla voir le Bhagavā dans le bois Calme. A ce moment-là, le Bhagavā, s'étant levé avec l'achèvement de la nuit, faisait les cent pas à l'extérieur. Il vit Anāthapiṇḍika arriver de loin. En le voyant, il descendit de son chemin et s'assit sur un siège préparé. Alors qu'il était assis là, il dit à Anāthapiṇḍika:
– Viens, Sudatta.
Alors Anāthapiṇḍika, pensa: 'Le Bhagavā m'appelle par mon nom!'1 Il se jeta aux pieds du Bhagavā et lui dit:
– Bhante, j'espère que le Bhagavā a bien dormi.
En effet, il dort toujours bien,
Le brahmane complètement détaché,
Qui ne s'accroche pas aux plaisirs sensuels,
Qui n'acquiert rien et qui est calme.
Ayant coupé toutes les chaînes,
Ayant ôté du coeur toute peur,
Le paisible dort bien,
Ayant atteint la paix de l'esprit.
Note
1. m'appelle par mon nom!: d'après le Commentaire, Anāthapiṇḍika se demandait comment il pourrait déterminer pour lui-même s'il s'agissait d'un authentique Bouddha. Il décida que s'il s'agissait d'un authentique Bouddha, il s'adresserait à lui par son véritable nom, Sudatta, que lui seul connaissait. Tout le monde le connaissait en effet sous le surnom d'Anāthapiṇḍika: 'celui qui donne de la nourriture aux indigents'.
d'après le travail effectué à partir du Pali par Thanissaro Bhikkhu
et Connected Discourses of the Buddha de Bhikkhu Bodhi.
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