Māra tente de confondre le Bouddha, en se déguisant en fermier.
A Sāvatthī. Or en ce temps-là, le Bhagavā se trouvait à instruire, exhorter, inspirer et encourager les bhikkhus avec un discours sur le Dhamma concernant Nibbāna. Les bhikkhus, attentifs, intéressés, tendant l'oreille, concentrant toute leur attention, écoutaient le Dhamma.
Alors Māra le Mauvais pensa: 'Samana* Gotama est en train d'instruire, exhorter, inspirer et encourager les bhikkhus avec un discours sur le Dhamma concernant Nibbāna. Les bhikkhus, attentifs, intéressés, tendant l'oreille, concentrant toute leur attention, écoutent le Dhamma. Et si j'allais voir samana Gotama pour le confondre?'
Alors Māra le Mauvais, prenant la forme d'un fermier portant un gros soc de charrue sur l'épaule, tenant un long aiguillon, les cheveux défaits, portant des vêtements de chanvre grossier, les pieds couverts de boue, alla trouver le Bhagavā et, en arrivant, lui dit:
– Hé, samana. As-tu vu mes boeufs?
– Et que sont tes boeufs, Malin?
– L'oeil m'appartient, samana. Les formes m'appartiennent, le contact occulaire et sa sphère de conscience m'appartiennent. Où peux-tu aller pour m'échapper? L'oreille m'appartient... Le nez... La langue... Le corps... L'intellect m'appartient, samana. Les idées m'appartiennent, le contact mental et sa sphère de conscience m'appartiennent. Où peux-tu aller pour m'échapper?
– L'oeil t'appartient, Malin. Les formes t'appartiennent, le contact occulaire et sa sphère de conscience t'appartiennent. Mais là où il n'y a ni oeil, ni forme, ni contact occulaire, ni sphère de conscience: là, Malin, tu ne peux aller. L'oreille t'appartient... Le nez... La langue... Le corps... L'intellect t'appartient, Malin. Les idées t'appartiennent, le contact mental et sa sphère de la conscience t'appartiennent. Mais là où il n'y a ni intellect, ni idée, ni contact mental, ni sphère de conscience: là, Malin, tu ne peux aller.
Ce dont ils disent: 'Ceci est à moi',
Et ceux qui parlent en termes de 'mien',
Si ton esprit existe parmi eux,
Tu ne m'échapperas pas, samana.
[Le Bouddha:]
Ce dont ils parlent n'est pas à moi,
Et je ne suis pas de ceux qui en parlent.
Tu devrais savoir cela, ô Malin:
Tu ne verras même pas mes traces.
Alors Māra le Mauvais, triste et déçu, réalisant: 'Le Bhagavā me connaît, le Sublime me connaît', s'évanouit aussitôt.
traduit de l'Anglais par Michel Proulx,
d'après le travail effectué à partir du Pali par Thanissaro Bhikkhu.
et Connected Discourses of the Buddha de Bhikkhu Bodhi.
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