Le Majjhima Nikāya comporte 152 discours de taille moyenne. Il a l'intérêt de décrire la société de l'époque, dans ses aspects idéologiques, institutionnels, économiques et politiques.
Suttas publiés :
- Sabbāsava Sutta (MN 2)
- Le Bouddha liste les contaminations qui embourbent l'esprit dans l'ignorance. Ce sont toutes des schémas mentaux et comportementaux que les gens ordinaires utilisent en permanence. Leur abandon est nécessaire pour parvenir à la sagesse, et la réalisation de la libération.
- Sammaditthi Sutta (MN 9)
- Ce discours n'a pas été délivré par le Bouddha, mais par l'un de ses disciples les plus accomplis, Sariputta. Il explique ce qui constitue la vue (opinion) correcte, en reprenant dans le sens inverse la chaîne de 'coproduction conditionnée', qui fait le lien entre les souffrances observables et leur cause ultime (l'ignorance) en passant par les différents liens intermédiaires.
- Mahā Sīhanāda Sutta (MN 12)
- Le Bouddha décrit ce qui lui permet de pousser son rugissement de lion, c'est à dire ce qui fait qu'il est un être inégalé dans le monde, et ce qui fait qu'aucun être au monde ne peut constituer pour lui un obstacle.
- Mahā Dukkhakkhandha Sutta (MN 13)
- Vous avez du mal à vous convaincre que les plaisirs sensuels entraînent beaucoup plus de souffrance que de satisfaction? Le Bouddha donne un exposé détaillé sur le sujet. Suivent des exposés similaires sur les formes matérielles et les sensations.
- Cūḷa Dukkhakkhandha Sutta (MN 14)
- Mahānāma demande pourquoi, bien qu'il ait intellectuellement compris l'essence du message du Bouddha, son esprit est toujours sujet à des états négatifs. Le Bouddha lui explique pourquoi il en est ainsi, quels sont les inconvénients de la sensualité et lui rapporte une discussion échangée avec des ascètes jains.
- Dvedhāvitakka Sutta (MN 19)
- Le Bouddha raconte comment avant son éveil il pratiqua la discrimination de ses pensées en deux classes (dvedhā= en deux; vitakka= pensée), et explique pourquoi il faut couper court à toutes les pensées négatives et cultiver des pensées bienveillantes.
- Alagaddūpama Sutta (MN 22)
- Discours sur l'attachement aux vues. Son message central est transmis par l'analogie du serpent et l'analogie du radeau. Elles mettent l'accent sur l'habileté qu'il faut pour saisir correctement la vue correcte en tant que moyen d'amener à la cessation de la souffrance, et non comme un objet d'attachement, et ensuite l'abandonner une fois qu'elle a fait son office.
- Cūḷa Hatthipadopama Sutta (MN 27)
- En utilisant une comparaison avec les traces laissées par un éléphant dans la forêt, le Bouddha explique qu'il ne faut pas accorder sa confiance –fût-ce au Bouddha lui-même– en se fiant aux signes extérieurs qui laissent penser qu'une personne est pleinement éveillée. On ne peut en définitive se fier qu'à sa propre expérience directe de la réalité.
- Mahāsaccaka Sutta (MN 36)
- Saccaka est un Jain, un discoureur inquisiteur. Il provoque le Bouddha en mettant en doute ses réalisations dans le domaine du 'développement du corps' et 'développement de l'esprit'. Le Bouddha entreprend donc de corriger ses vues erronées en lui racontant les douleurs qu'il a endurées lorsque, dans sa lutte pour atteindre l'éveil, il pratiquait des mortifications, ainsi que les expériences plaisantes qui l'ont menées à la Bouddhéité.
- Cūḷa Vedalla Sutta (MN 44)
- Visākha pose de nombreuses questions à la bhikkhuni Dhammadina: identification au soi, concentration, saṅkhāras, cessation des perceptions et des sensations, sensations et leurs tendances sous-jacentes etc.
- Kandaraka Sutta (MN 51)
- Kandaraka loue le calme des bhikkhus, et Pessa, un cornac, contribue à la conversation avec son expérience des animaux. Finalement, le Bouddha expose à tous les quatre types de personnes, selon qu'elle infligent ou non des souffrances aux êtres.
- Potaliya Sutta (MN 54)
- Le Bouddha explique à un maître de maison prétentieux ce que signifie vraiment 'mettre fin aux affaires'. Le discours offre une série frappantes de métaphores illustrant les dangers des plaisirs sensuels.
- Apaṇṇaka Sutta (MN 60)
- Les maîtres de maison de la ville de Sālā restent perplexes face à la diversité des doctrines que leurs exposent les renonçants appartenant à différentes sectes qui les visitent. Le Bouddha leur délivre un enseignement incontestable, démontrant entre autres qu'agir en accord avec les opinions qui nient l'importance des préceptes moraux représente un danger potentiel qui peut être évité, et qu'il est préférable d'agir en accord avec les opinions qui donnent une importance à la moralité.
- Cūḷamāluṅkya Sutta (MN 63)
- Au lieu de se concentrer sur sa méditation, un bhikkhu se pose des questions métaphysiques telles que : 'le monde est-il éternel ou temporaire? fini ou infini?' Tergiverser en s'interrogeant sur les caractéristiques supposées de l'univers n'a aucun intérêt tant qu'on est soumis à la souffrance, et qu'on a en plus la chance d'avoir à sa disposition la technique qui permet de s'en libérer totalement.
- Dīghanakha Sutta (MN 74)
- Dīghanakha est un ascète errant qui considère que rien ne lui est acceptable (ou ne lui plaît). Le Bouddha explique comment l'attachement à une opinion telle que celle-ci, qu'elle soit ou non proche de la vérité, est source de malheur. Pendant ce temps, Sāriputta, qui assiste au discours, devient un arahant.
- Māgaṇḍiya Sutta (MN 75)
- Māgaṇḍiya a choisi la vie d'errence des "renonçants", mais sa secte prône l'épanouissement des facultés physiques et mentales et considère ceux qui comme le Bouddha préconisent plutôt la restreinte comme des "rabat-joie". Le Bouddha lui explique entre autres comment celui qui s'adonne aux plaisirs sensoriels est comparable à un lépreux.
- Raṭṭhapāla Sutta (MN 82)
- Raṭṭhapāla était désigné par le Bouddha comme son meilleur disciple en ce qui concerne le Départ de la vie de foyer pour la vie d'errance des bhikkhus. On trouve ici une narration de ce qui se produisit, suivie d'un exposé au roi du pays de Kuru où Raṭṭhapāla explique les quatre affirmations faites par le Bouddha qui le décidèrent à faire ce choix.
- Angulimala Sutta (MN 86)
- Il avait fait le voeux de tuer mille êtres humains. Alors qu'il ne lui en reste plus qu'un à tuer et qu'il s'apprête au matricide, le Bouddha va à sa rencontre et le dompte. Il devient rapidement un arahant et sera l'un des disciples principaux du Bouddha.
- Gaṇaka Moggallāna Sutta (MN 107)
- Un brahmane se fait expliquer les différentes étapes initiales de l'entraînement des bhikkhus, depuis la discipline la plus générale vers la plus fine. La question est ensuite soulevée de comprendre pourquoi certains parviennent jusqu'à l'objectif final (nibbāna) alors que d'autres ne l'atteignent pas.
- Upakkilesa Sutta (MN 128)
- [upakkilesa: impureté, ce qui gâche et obstrue - en référence à la seconde partie du sutta]
Le Bouddha quitte la communauté des bhikkhus de Kosambi, car ils se querellent, et il va retrouver trois bhikkhus qui séjournent fort amicalement dans la forêt. - Bālapaṇḍita Sutta (MN 129)
- Le Bouddha donne des descriptions ou des comparaisons pour permettre de comprendre la souffrance de l'enfer et du monde animal, et le bonheur des paradis. Ce sutta contient aussi la célèbre analogie de la tortue de mer.
- Dhātuvibhaṅga Sutta (MN 140)
- Le Bouddha va à la rencontre de Pukkusāti, qui ne le reconnaît pas, et sans lui révéler son identité, il lui délivre un discours profond, comprenant avant tout une classifications des six éléments (dhātu: élément; vibhaṅga: classification), et abordant une variété de thèmes, entre autres les sensations, l'équanimité, la coneptualisation.
- Indriyabhāvanā Sutta (MN 152)
- Un discours sur la maîtrise des facultés sensorielles, qui peut être considéré comme des instructions détaillées pour pratiquer la surveillance des portes des sens.
