Le Bouddha raconte une histoire s'étant produite dans le passé lointain, à l'ère du Bouddha Kassapa. Comment un de ses disciples a amené cinq cent de ses compagnons à devenir des arahants.
En une occasion, le Bhagavā voyageait chez les Kosalans avec une grande communauté de bhikkhus. En suivant la route, il vit à un endroit donné une grande forêt d'arbres sāla. Descendant de la route, il se dirigea vers cette forêt d'arbres sāla. Quand il y arriva, il y entra et, à un certain endroit, il se mit à sourire. Alors il vint à l'esprit d'āyasmā Ānanda: 'Quelle est la cause, quelle est la raison, pour laquelle le Bhagavā se met à sourire? Ce n'est pas sans raison que le Tathāgata s'est mis à sourire.' Il demanda alors au Bhagavā:
– Quelle est la cause, quelle est la raison, pour laquelle le Bhagavā se met à sourire? Ce n'est pas sans raison que le Tathāgata s'est mis à sourire.
– A cet endroit, Ānanda, il y eut jadis une grande cité: puissante, prospère, peuplée, pleine de monde. Et c'est en dépendance de cette cité que vivait Kassapa le Bhagavā, l'arahant, le sammāsambuddha. Et Kassapa le Bhagavā, l'arahant, le sammāsambuddha, avait un disciple séculier du nom de Gavesī qui ne pratiquait pas sa sīla au maximum de ses capacités. Et grâce à Gavesī, il y avait 500 personnes qui avaient été inspirées de se déclarer disciples séculiers, mais qui ne pratiquaient pourtant pas leur sīla au maximum de leurs capacités.
Alors il vint à l'esprit de Gavesī le disciple séculier: 'Je suis le bienfaiteur de ces 500 disciples séculiers, leur guide, celui qui les a inspirés. Mais je ne pratique pas ma sīla au maximum de mes capacités, de même qu'ils ne pratiquent pas leur sīla au maximum de leurs capacités. En cela nous sommes exactement à égalité; je n'ai rien de plus [qu'eux]. Et si j'en faisais un petit peu plus?' Il alla donc voir les 500 disciples séculiers et en arrivant il leur dit, 'Dorénavant je veux que vous me connaissiez comme quelqu'un qui pratique sa sīla au maximum de ses capacités.'
Alors il vint à l'esprit des 500 disciples séculiers: 'Maître Gavesī est notre bienfaiteur, notre guide, celui qui nous a inspirés. Il va maintenant pratiquer sa sīla au maximum de ses capacités. Et pourquoi pas nous?' Ils allèrent donc voir Gavesī le disciple séculier et en arrivant lui dirent: 'Dorénavant nous voulons que Maître Gavesī connaisse les 500 disciples séculiers comme des personnes qui pratiquent leur sīla au maximum de leurs capacités.'
Alors il vint à l'esprit de Gavesī le disciple séculier: 'Je suis le bienfaiteur de ces 500 disciples séculiers, leur guide, celui qui les a inspirés. Je pratique ma sīla au maximum de mes capacités, de même qu'ils pratiquent leur sīla au maximum de leurs capacités. En cela nous sommes exactement à égalité; je n'ai rien de plus [qu'eux]. Et si j'en faisais un petit peu plus?' Il alla donc voir les 500 disciples séculiers et en arrivant il leur dit, 'Dorénavant je veux que vous me connaissiez comme quelqu'un qui pratique la brahmacariya, la vie retirée, m'abstenant du coït, acte de villageois.'
Alors il vint à l'esprit des 500 disciples séculiers: 'Maître Gavesī est notre bienfaiteur, notre guide, celui qui nous a inspirés. Il va maintenant pratiquer la brahmacariya, la vie retirée, s'abstenant du coït, acte de villageois. Et pourquoi pas nous?' Ils allèrent donc voir Gavesī le disciple séculier et en arrivant lui dirent: 'Dorénavant nous voulons que Maître Gavesī connaisse les 500 disciples séculiers comme des personnes qui pratiquent la brahmacariya, la vie retirée, s'abstenant du coït, acte de villageois.'
Alors il vint à l'esprit de Gavesī le disciple séculier: 'Je suis le bienfaiteur de ces 500 disciples séculiers, leur guide, celui qui les a inspirés. Je pratique ma sīla au maximum de mes capacités, de même qu'ils pratiquent leur sīla au maximum de leurs capacités. Je pratique la brahmacariya, la vie retirée, m'abstenant du coït, acte de villageois, de même qu'ils pratiquent la brahmacariya, la vie retirée, s'abstenant du coït, acte de villageois. En cela nous sommes exactement à égalité; je n'ai rien de plus [qu'eux]. Et si j'en faisais un petit peu plus?' Il alla donc voir les 500 disciples séculiers et en arrivant il leur dit, 'Dorénavant je veux que vous me connaissiez comme quelqu'un qui ne mange qu'un seul repas par jour, me réfrénant le soir, m'abstenant d'un repas au mauvais moment.'
Alors il vint à l'esprit des 500 disciples séculiers: 'Maître Gavesī est notre bienfaiteur, notre guide, celui qui nous a inspirés. Il ne mangera plus désormais qu'un seul repas par jour, se réfrénant le soir, s'abstenant d'un repas au mauvais moment. Et pourquoi pas nous?' Ils allèrent donc voir Gavesī le disciple séculier et en arrivant lui dirent: 'Dorénavant nous voulons que Maître Gavesī connaisse les 500 disciples séculiers comme des personnes qui ne mangent qu'un seul repas par jour, se réfrénant le soir, s'abstenant d'un repas au mauvais moment.'
Alors il vint à l'esprit de Gavesī le disciple séculier: 'Je suis le bienfaiteur de ces 500 disciples séculiers, leur guide, celui qui les a inspirés. Je pratique ma sīla au maximum de mes capacités, de même qu'ils pratiquent leur sīla au maximum de leurs capacités. Je pratique la brahmacariya, la vie retirée, m'abstenant du coït, acte de villageois, de même qu'ils pratiquent la brahmacariya, la vie retirée, s'abstenant du coït, acte de villageois. Je ne mange qu'un seul repas par jour, me réfrénant le soir, m'abstenant d'un repas au mauvais moment, de même qu'ils ne mangent qu'un seul repas par jour, se réfrénant le soir, s'abstenant d'un repas au mauvais moment. En cela nous sommes exactement à égalité; je n'ai rien de plus [qu'eux]. Et si j'en faisais un petit peu plus?'
Il alla donc voir Kassapa le Bhagavā, l'arahant, le sammāsambuddha, et en arrivant lui dit: 'Bhante, puissé-je recevoir le Départ [de la vie de foyer pour la vie sans foyer] en présence du Bhagavā. Puissé-je recevoir la pleine Acceptation.' Il reçut donc le Départ en présence de Kassapa le Bhagavā, l'arahant, le sammāsambuddha; il reçut le Départ. Et peu après son admission - demeurant seul, retiré, vigilant, ardent, et résolu - en peu de temps il atteignit et demeura dans le but suprême de la brahmacariya - pour lequel les hommes de clan quittent à juste titre la vie de foyer pour la vie sans foyer - le connaissant et le réalisant pour lui-même dans l'ici et le maintenant. Il sut que: 'La naissance est terminée, la brahmacariya accomplie, la tâche remplie. Il ne me reste plus rien à faire dans ce monde.' Et c'est ainsi que Gavesī le bhikkhu devint un autre des Arahants.
Alors il vint à l'esprit des 500 disciples séculiers: 'Maître Gavesī est notre bienfaiteur, notre guide, celui qui nous a inspirés. S'étant rasé les cheveux et la barbe, ayant endossé la robe ocre, il a quitté la vie de foyer pour la vie sans foyer. Et pourquoi pas nous?'
Ils allèrent donc voir Kassapa le Bhagavā, l'arahant, le sammāsambuddha, et en arrivant lui dirent, 'Bhante, puissions-nous recevoir le Départ en présence du Bhagavā. Puissions-nous recevoir la pleine Acceptation.' Ils reçurent donc le Départ en présence de Kassapa le Bhagavā, l'arahant, le sammāsambuddha; ils reçurent le Départ.
Alors il vint à l'esprit de Gavesī le bhikkhu: 'J'obtiens à volonté - sans difficulté, sans tribulations - ce bonheur sans pareil de la délivrance. Puissent ces 500 bhikkhus obtenir à volonté - sans difficulté, sans tribulations - ce bonheur sans pareil de la délivrance!' Alors ces 500 bhikkhus - demeurant seuls, retirés, vigilants, ardents, et résolus - en peu de temps atteignirent et demeurèrent dans le but suprême de la brahmacariya - pour lequel les hommes de clan quittent à juste titre la vie de foyer pour la vie sans foyer - le connaissant et le réalisant pour eux-mêmes dans l'ici et le maintenant. Ils surent que: 'La naissance est terminée, la brahmacariya accomplie, la tâche remplie. Il ne nous reste plus rien à faire dans ce monde.' Et c'est ainsi que ces 500 bhikkhus - guidés par Gavesī, travaillant au développement de ce qui est de plus en plus excellent, de plus en plus raffiné - réalisèrent la délivrance ultime.
C'est pourquoi, Ānanda, vous devriez vous entraîner ainsi: 'Travaillant au développement de ce qui est de plus en plus excellent, de plus en plus raffiné, nous réaliserons la délivrance sans pareil.' C'est ainsi que vous devriez vous entraîner.
d'après le travail effectué à partir du Pali par Thanissaro Bhikkhu
———oOo———
Publié comme un don du Dhamma, pour être distribué librement, à des fins non lucratives.
Toute réutilisation de ce contenu doit citer ses sources originales.

