Quatre moyens de juger une personne, avec les critères qui les définissent. A la réflexion, il est souvent plus simple de ne pas juger.
Bhikkhus, il y a quatre aspects d'une personne qui peuvent être connus en quatre circonstances. Quels sont ces quatre?
C'est en vivant avec une personne qu'on peut connaître sa vertu, seulement après avoir passé longtemps avec elle, et non de manière occasionnelle; en y prêtant une attention concentrée, et non un regard désinvolte; cette connaissance étant accessible à une personne sage, et non à une personne ignorante.
C'est en faisant des transactions avec une personne qu'on peut connaître son intégrité, seulement après avoir fait des transactions pendant longtemps avec elle, et non de manière occasionnelle; en y prêtant une attention concentrée, et non un regard désinvolte; cette connaissance étant accessible à une personne sage, et non à une personne ignorante.
C'est dans l'infortune qu'on peut connaître la trempe d'une personne, seulement après avoir l'avoir observée pendant longtemps, et non de manière occasionnelle; en y prêtant une attention concentrée, et non un regard désinvolte; cette connaissance étant accessible à une personne sage, et non à une personne ignorante.
C'est en discutant avec une personne qu'on peut connaître sa sagesse, seulement après avoir discuté pendant longtemps avec elle, et non de manière occasionnelle; en y prêtant une attention concentrée, et non un regard désinvolte; cette connaissance étant accessible à une personne sage, et non à une personne ignorante.
Il a été dit: 'C'est en vivant avec une personne qu'on peut connaître sa vertu.'Sur la base de quoi cela a-t-il été dit?
Vivant ensemble depuis longtemps avec une personne, on vient à la connaître ainsi: 'Pendant longtemps, la moralité de ce compagnon a révélé des faiblesses, des déficiences, des impuretés, des défauts, et elle a été incohérente dans son comportement. Ce compagnon n'est pas vertueux.'
Dans un autre cas, vivant ensemble depuis longtemps avec une personne, on vient à la connaître ainsi: 'Pendant longtemps, la moralité de ce compagnon n'a révélé aucune faiblesse, aucune déficience, aucune impureté, aucun défaut, et elle a été cohérente dans son comportement. Ce compagnon est vertueux.'
C'est sur la base de ceci qu'il a été dit: 'C'est en vivant avec une personne qu'on peut connaître sa vertu.'
De plus, il a été dit: 'C'est en faisant des transactions avec une personne qu'on peut connaître son intégrité.' Sur la base de quoi cela a-t-il été dit?
En faisant des transactions avec une personne, on vient à la connaître ainsi: 'Ce compagnon se comporte de manières différentes selon qu'il a affaire à une, deux, trois, ou un nombre plus élevé de personnes. Son comportement ultérieur diffère de son comportement antérieur. Le comportement de ce compagnon est malhonnête. Il n'a pas un comprtement honnête.
Dans un autre cas, en faisant des transactions avec une personne, on vient à la connaître ainsi: 'Ce compagnon se comporte de la même manière envers moi et envers deux, trois, ou un nombre plus élevé de personnes. Son comportement ultérieur ne diffère pas de son comportement antérieur. Le comportement de ce compagnon est honnête. Il n'a pas un comportement malhonnête.
C'est sur la base de ceci qu'il a été dit: 'C'est en faisant des transactions avec une personne qu'on peut connaître son intégrité.'
De plus, il a été dit: 'C'est dans l'infortune qu'on peut connaître la trempe d'une personne.' Sur la base de quoi cela a-t-il été dit?
Une certaine personne est touchée par la perte d'un proche, ou une perte de richesse, ou bien elle est assaillie par la maladie. Mais elle ne pense pas ainsi: 'Telle est la nature de la vie dans ce monde, telle est la nature de l'existence individuelle, que les huit vicissitudes du monde font tourner le monde, et que le monde tourne autour des huit vicissitudes du monde: gain et perte, bonne et mauvaise réputation, éloge et critique, plaisir et douleur.' Ne considérant pas ce fait, elle est affligée et tourmentée, elle se lamente et se frappe la poitrine; elle est profondément perturbée lorsqu'elle est touchée par la perte d'un proche, ou une perte de richesse, ou bien qu'elle est assaillie par la maladie.
Dans un autre cas, une certaine personne est touchée par la perte d'un proche, ou une perte de richesse, ou bien elle est assaillie par la maladie. Elle ne pense pas ainsi: 'Telle est la nature de la vie dans ce monde, telle est la nature de l'existence individuelle, que les huit vicissitudes du monde font tourner le monde, et que le monde tourne autour des huit vicissitudes du monde: gain et perte, bonne et mauvaise réputation, éloge et critique, plaisir et douleur.' Considérant ce fait, elle n'est pas affligée ni tourmentée, elle ne se lamente pas et ne se frappe pas la poitrine; elle n'est pas perturbée lorsqu'elle est touchée par la perte d'un proche, ou une perte de richesse, ou bien qu'elle est assaillie par la maladie.
C'est sur la base de ceci qu'il a été dit: 'C'est dans l'infortune qu'on peut connaître la trempe d'une personne.'
De plus, il a été dit: 'C'est en discutant avec une personne qu'on peut connaître sa sagesse.' Sur la base de quoi cela a-t-il été dit?
En discutant avec une personne, on en vient à savoir: 'Si on en juge par la manière dont ce compagnon examine, formule et soulève un problème, il n'est pas quelqu'un de sage. Pourquoi cela? Il ne prononce pas des paroles qui sont profondes, appaisantes, sublimes, qui sont au-delà de la logique, subtiles et qui devraient être comprises par un homme sage. Lorsqu'il parle du Dhamma, il n'est pas capable d'en expliquer la signification, que soit de manière courte ou de manière détaillée. Cet homme n'est pas sage.
Tout comme un homme se tiendrait au bord d'une mare et, voyant un petit poisson dans l'eau, penserait: 'Si on en juge par la manière dont ce poisson se meut, d'après les vagues qu'il génère et la vitesse à laquelle il avance, ce poisson est petit.' De la même manière, en discutant avec une personne, on vient à savoir: 'Si on en juge par la manière dont ce compagnon examine, formule et soulève un problème, il n'est pas quelqu'un de sage. Pourquoi cela? Il ne prononce pas des paroles qui sont profondes, appaisantes, sublimes, qui sont au-delà de la logique, subtiles et qui devraient être comprises par un homme sage. Lorsqu'il parle du Dhamma, il n'est pas capable d'en expliquer la signification, que soit de manière courte ou de manière détaillée. Cet homme n'est pas sage.
Dans un autre cas, en discutant avec une personne, on en vient à savoir: 'Si on en juge par la manière dont ce compagnon examine, formule et soulève un problème, il est quelqu'un de sage. Pourquoi cela? Il prononce des paroles qui sont profondes, appaisantes, sublimes, qui sont au-delà de la logique, subtiles et qui devraient être comprises par un homme sage. Lorsqu'il parle du Dhamma, il est capable d'en expliquer la signification, que soit de manière courte ou de manière détaillée. Cet homme est sage.
Tout comme un homme se tiendrait au bord d'une mare et, voyant un gros poisson dans l'eau, penserait: 'Si on en juge par la manière dont ce poisson se meut, d'après les vagues qu'il génère et la vitesse à laquelle il avance, ce poisson est gros.' De la même manière, en discutant avec une personne, on en vient à savoir: 'Si on en juge par la manière dont ce compagnon examine, formule et soulève un problème, il est quelqu'un de sage. Pourquoi cela? Il prononce des paroles qui sont profondes, appaisantes, sublimes, qui sont au-delà de la logique, subtiles et qui devraient être comprises par un homme sage. Lorsqu'il parle du Dhamma, il est capable d'en expliquer la signification, que soit de manière courte ou de manière détaillée. Cet homme est sage.
C'est sur la base de ceci qu'il a été dit: 'C'est en discutant avec une personne qu'on peut connaître sa sagesse.'
Voici, bhikkhus, les quatre aspects d'une personne qui peuvent être connus dans ces quatre circonstances.
et Numerical discourses of the Buddha de Nyanaponika Thera et Bhikkhu Bodhi

