Un éloge en quatre parties par le Bouddha du Sangha réuni pour une célébration Uposatha, en détaillant les stades de réalisations atteints par les uns et les autres.
En une occasion, le Bhagavā résidait à Sāvatthī, dans l'ermitage Pubba, le palais de la mère de Migāra. Durant cette nuit de pleine lune (Uposatha), il siégeait au milieu du Sangha des bhikkhus. Passant en revue le Sangha silencieux, le Bhagavā s'adressa à eux:
– Bhikkhus, cette assemblée de bhikkhus n'est pas négligente, elle est affranchie des bavardages, établie dans l'essence pure. Bhikkhus, une communauté de cette nature est rarement vue dans le monde. Bhikkhus, un Sangha de cette nature mérite les dons, l'hospitalité, les offrandes, les salutations révérencieuses, elles est un champ de mérite incomparable pour le monde. Un petit don fait à ce Sangha est de grande valeur, et un don plus important est d'encore plus grande valeur. Cette assemblée de bhikkhus vaut la peine qu'on voyage de loin, même avec des provisions pour la route, pour venir la voir.
Dans ce Sangha, il y a les bhikkhus qui prennent part à la félicité des devas, ceux qui prennent part à la félicité des mondes brahmiques, ceux qui prennent part à la félicité de l'imperturbabilité et ceux qui prennent part à la félicité de la noblesse.
Et comment un bhikkhu prend-il part à la félicité des devas? Dans ce cas, bhikkhus, un bhikkhu, détaché de l'appétence, détaché des états d'esprit malsains, entre dans le premier jhāna (absorbtion), né du détachement, accompagné par les applications initiale et soutenue de l'esprit, et pénétré par la béatitude et la félicité. Il y demeure.
Avec l'apaisement des applications initiale et soutenue de l'esprit, et acquérant la tranquillité intérieure et l'unification de l'esprit, il entre dans le second jhāna, né de la concentration, libre des applications initiale et soutenue de l'epsrit, pénétré par la béatitude et la félicité. Il y demeure.
Après la disparition de la béatitude, il demeure équanime, attentif et avec une constante et minutieuse compréhension de l'impermanence, il fait l'expérience dans son corps la félicité de laquelle les êtres nobles disent: 'Celui qui fait l'expérience de cette félicité est attentif et équanime.' Ainsi, il pénètre le troisième jhāna. Il y demeure.
Après l'éradication du plaisir et de la douleur, avec joie, l'affliction ayant disparu, il entre dans un état au-delà du plaisir et de la douleur, le quatrième jhāna, qui est totalement purifié par l'équanimité et l'attention. Il y demeure.
C'est ainsi qu'un bhikkhu demeure dans la félicité des devas.
Et comment un bhikkhu prend-il part à la félicité des mondes brahmiques? Dans ce cas, bhikkhus, un bhikkhu pénètre la première direction [l'est] avec un esprit rempli d'amabilité bienveillante, ainsi que la seconde, la troisième et la quatrième; également vers le haut, vers le bas, en travers et dans toutes les directions, envers tous comme envers lui-même, il demeure en pénétrant le monde entier avec une attention remplie d'amabilité bienveillante, vaste, exaltée, incommensurable, sans hostilité ni ressentiment pour quiconque.
Il pénètre la première direction avec un esprit rempli de compassion...toutes les directions, envers tous...
Il pénètre la première direction avec un esprit rempli de joie altruiste...toutes les directions, envers tous...
Il pénètre la première direction avec un esprit rempli d'équanimité...toutes les directions, envers tous... sans hostilité ni ressentiment envers quiconque.
C'est ainsi qu'un bhikkhu demeure dans la félicité des mondes brahmiques.
Et comment un bhikkhu prend-il part à la félicité de l'imperturbabilité? Dans ce cas, bhikkhus, avec la transcendance complète de la perception de la matière, avec la disparition de la perception des impressions sensorielles, avec la non-attraction envers la perception de la diversité, conscient que 'l'espace est inifini', un bhikkhu entre et demeure dans la sphère de l'infinité de l'espace.
Ensuite, en transcendant complètement la sphère de l'infinité de l'espace, conscient que 'la conscience est infinie', un bhikkhu entre et demeure dans la sphère de l'infinité de la conscience.
Ensuite, en transcendant complètement la sphère de l'infinité de la conscience, conscient que 'il n'y a rien', un bhikkhu entre et demeure dans la sphère de la vacuité.
Ensuite, en transcendant complètement la sphère de la vacuité, un bhikkhu entre et demeure dans la sphère de ni-perception-ni-non-perception.
C'est ainsi qu'un bhikkhu demeure dans la félicité de l'imperturbabilité.
Et comment un bhikkhu prend-il part à la félicité de la noblesse? Dans ce cas, bhikkhus,un bhikkhu comprend tel que c'est vraiment: 'Ceci est la souffrance. Ceci est la cause de la souffrance. Ceci est la cessation de la souffrance. Ceci est la voie menant à la cessation de la souffrance.'
C'est ainsi qu'un bhikkhu demeure dans la félicité de la noblesse.
et Numerical discourses of the Buddha de Nyanaponika Thera et Bhikkhu Bodhi

