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AN 3.71
Uposatha Sutta

Le Bouddha explique à Visākhā comment observer correctement les jours d'Uposatha et quels en sont les bienfaits.




Evaṃ me sutaṃ:

En une occasion, le Bhagavā demeurait à Sāvatthī, dans l'ermitage de l'est, le palais de la mère de Migāra. Ce jour là - jour d'Uposatha - Visākhā, la mère de Migāra, alla trouver le Bhagavā au milieu de la journée et, à son arrivée, lui ayant rendu hommage, elle s'assit sur un côté. Lorsqu'elle fut assise là, le Bhagavā lui dit:
  – Hé bien, Visākhā, pourquoi viens-tu au milieu de la journée?
  – Aujourd'hui j'observe l'Uposatha, Bhante.
  – Visākhā, il y a trois sortes d'Uposathas. Quelles sont ces trois? Il y a l'Uposatha du vacher, l'Uposatha des Nigaṇṭhās, et l'Uposatha des êtres nobles.

    Et qu'est-ce que l'Uposatha du vacher? Lorsqu'un vacher reconduit le bétail chez ses maîtres le soir, il pense: 'Aujourd'hui le bétail s'est promené à cet endroit-ci et là, il a bu à cet endroit-ci et là; demain, il va se promener à cet endroit-ci et là, il boira à cet endroit-ci et là.' De la même manière, il y a le cas où une certaine personne, observant l'Uposatha, pense: 'Aujourd'hui j'ai mangé cette sorte-ci de nourriture raffinée, et cette sorte-là de nourriture basique. Demain, je mangerai cette sorte-ci de nourriture raffinée, et cette sorte-là de nourriture basique.' Il passe sa journée avec une conscience remplie de cette convoitise, avec cette avidité. Tel est l'Uposatha d'un vacher, Visākhā. Lorsque l'Uposatha d'un vacher est entrepris, cela ne porte pas de grand fruit ni de grand bienfait, ce n'est pas de grande gloire ou de grand éclat.

    Et qu'est-ce que l'Uposatha des Nigaṇṭhās (Jains)? Il y a des samanas appelés Nigaṇṭhās. Ils font entreprendre à leurs disciples la pratique suivante: 'Ici, mon ami. Abandonne l'utilisation du bâton [tes velléités de confrontation] avec les êtres qui vivent à plus de 100 ligues vers l'est... plus de 100 ligues vers l'ouest... plus de 100 ligues vers le nord... plus de 100 ligues vers le sud.' Ainsi, ils font entreprendre à leurs disciples la pratique de l'amabilité et de la sympathie envers certains êtres, mais pas envers les autres.

    Le jour d'Uposatha, ils font entreprendre à leurs disciples la pratique suivante: 'Ici, mon ami. Retire tous tes vêtements puis dis ceci: 'Je ne suis rien par rien ni de rien. Ainsi, il n'y a rien par rien ni de rien qui soit mien.' Et malgré cela, leurs parents les considèrent toujours ainsi: 'Voici notre enfant.' Et ils considèrent ceux-ci ainsi: 'Voici mes parents.' Leur femme et leurs enfants les considèrent toujours ainsi: 'Voici notre mari et notre père.' Et ils les considèrent toujours ainsi: 'Voici ma femme et mes enfants.' leurs employés et leurs travailleurs les considèrent toujours ainsi: 'Voici notre maître.' Et ils les considèrent encore ainsi: 'Voici mes employés et mes travailleurs.' Ainsi, à un moment où ils devraient être engagés à entreprendre la vérité, on les engage à entreprendre le mensonge. A la fin de la nuit, ils retournent à la consommation de leurs possessions, même si elles ne leur sont pas rendues. Cela compte comme du vol, je vous le dis. Tel est l'Uposatha des Nigaṇṭhās, Visākhā. Lorsque cet Uposatha des Nigaṇṭhās est entrepris, cela ne porte pas de grand fruit ni de grand bienfait, ce n'est pas de grande gloire ou de grand éclat.


    Et qu'est-ce que l'Uposatha des êtres nobles? C'est la purification de l'esprit pollué au moyen de la technique adéquate. Et comment l'esprit pollué est-il purifié au moyen de la technique adéquate?

    C'est le cas où un disciple des êtres nobles se remémore le Tathāgata de cette manière: 'En effet, le Bhagavā est un arahant, un sammāsambuddha, accompli en théorie et en pratique, sublime connaisseur des mondes, entraîneur inégalé de ceux qui sont prêt à être entraînés, instructeur des devas et des humains, un Bouddha, un Bhagavā.' Pendant qu'il se remémore le Tathāgata, son esprit se calme et la joie y apparaît; les impuretés de son esprit sont abandonnées, tout comme lorsque la tête est nettoyée au moyen de la technique adéquate.
    Et comment la tête est-elle nettoyée au moyen de la technique adéquate? Au moyen d'un cosmétique, de l'argile et de l'effort humain approprié. C'est ainsi que la tête est nettoyée au moyen de la technique adéquate. De la même manière, l'esprit pollué est purifié au moyen de la technique adéquate. Et comment l'esprit pollué est-il purifié au moyen de la technique adéquate?
    C'est le cas où un disciple des êtres nobles se remémore le Tathāgata de cette manière: 'En effet, le Bhagavā est un arahant, un sammāsambuddha, accompli en théorie et en pratique, sublime connaisseur des mondes, entraîneur inégalé de ceux qui sont prêt à être entraînés, instructeur des devas et des humains, un Bouddha, un Bhagavā.' Pendant qu'il se remémore le Tathāgata, son esprit se calme et la joie y apparaît; les impuretés de son esprit sont abandonnées.
    Il est ainsi appelé un disciple des être nobles entreprenant le Brahmā-Uposatha. Il vit avec Brahmā [=le Bouddha]. C'est grâce à Brahmā que son esprit est calmé, que la joie apparaît et que les impuretés de son esprit son abandonnées. C'est ainsi que l'esprit est purifié au moyen de la technique adéquate.



    L'Uposatha des êtres nobles est la purification de l'esprit pollué au moyen de la technique adéquate. Et comment l'esprit pollué est-il purifié au moyen de la technique adéquate?

    C'est le cas où un disciple des êtres nobles se remémore le Dhamma de la manière suivante: 'Le Dhamma est bien exprimé par le Bhagavā, il est à être expérimenté dans l'ici et maintenant, il est intemporel, invite à la vérification [par l'expérimentation personnelle], pertinent, à être réalisé par les êtres sages pour eux-mêmes.' Pendant qu'il se remémore le Dhamma, son esprit se calme et la joie y apparaît; les impuretés de son esprit sont abandonnées, tout comme lorsque le corps est nettoyé au moyen de la technique adéquate.
    Et comment le corps est-il nettoyé au moyen de la technique adéquate? Au moyen d'un gand de toilette, de savon et de l'effort humain approprié. C'est ainsi que le corps est nettoyée au moyen de la technique adéquate. De la même manière, l'esprit pollué est purifié au moyen de la technique adéquate. Et comment l'esprit pollué est-il purifié au moyen de la technique adéquate?
    C'est le cas où un disciple des êtres nobles se remémore le Dhamma de la manière suivante: 'Le Dhamma est bien exprimé par le Bhagavā, il est à être expérimenté dans l'ici et maintenant, il est intemporel, invite à la vérification [par l'expérimentation personnelle], pertinent, à être réalisé par les êtres sages pour eux-mêmes.' Pendant qu'il se remémore le Dhamma, son esprit se calme et la joie y apparaît; les impuretés de son esprit sont abandonnées, tout comme lorsque la tête est nettoyée au moyen de la technique adéquate.
    Il est ainsi appelé un disciple des être nobles entreprenant le Dhamma-Uposatha. Il vit avec le Dhamma. C'est grâce au Dhamma que son esprit est calmé, que la joie apparaît et que les impuretés de son esprit son abandonnées. C'est ainsi que l'esprit est purifié au moyen de la technique adéquate.



    L'Uposatha des êtres nobles est la purification de l'esprit pollué au moyen de la technique adéquate. Et comment l'esprit pollué est-il purifié au moyen de la technique adéquate?

    C'est le cas où un disciple des êtres nobles se remémore le Sangha, de cette manière: 'Le Sangha des disciples du Bhagavā, qui ont bien pratiqué... qui ont pratiqué résolument... qui ont pratiqué méthodiquement... qui ont pratiqué avec maîtrise - en d'autres termes, les quatre types de nobles disciples (lorsque pris par paires) ou les huit types (lorsque pris individuellement) - est le Sangha des disciples du Bhagavā: dignes de recevoir des dons, dignes de recevoir l'hospitalité, dignes de recevoir des offrandes, dignes de recevoir du respect, ils sont l'incomparable champ de mérite pour le monde.' Pendant qu'il se remémore le Sangha, son esprit se calme et la joie y apparaît; les impuretés de son esprit sont abandonnées, tout comme lorsque les vêtements sont nettoyés au moyen de la technique adéquate.
    Et comment les vêtements sont-ils nettoyés au moyen de la technique adéquate? Au moyen de terre salée, de lessive, de bouses de vache et de l'effort humain approprié. C'est ainsi que les vêtements sont nettoyés au moyen de la technique adéquate. De la même manière, l'esprit pollué est purifié au moyen de la technique adéquate. Et comment l'esprit pollué est-il purifié au moyen de la technique adéquate?
    C'est le cas où un disciple des êtres nobles se remémore le Sangha, de cette manière: 'Le Sangha des disciples du Bhagavā, qui ont bien pratiqué... qui ont pratiqué résolument... qui ont pratiqué méthodiquement... qui ont pratiqué avec maîtrise - en d'autres termes, les quatre types de nobles disciples (lorsque pris par paires) ou les huit types (lorsque pris individuellement) - est le Sangha des disciples du Bhagavā: dignes de recevoir des dons, dignes de recevoir l'hospitalité, dignes de recevoir des offrandes, dignes de recevoir du respect, ils sont l'incomparable champ de mérite pour le monde.' Pendant qu'il se remémore le Sangha, son esprit se calme et la joie y apparaît; les impuretés de son esprit sont abandonnées.
    Il est ainsi appelé un disciple des être nobles entreprenant le Dhamma-Uposatha. Il vit avec le Sangha. C'est grâce au Sangha que son esprit est calmé, que la joie apparaît et que les impuretés de son esprit son abandonnées. C'est ainsi que l'esprit est purifié au moyen de la technique adéquate.



    L'Uposatha des êtres nobles est la purification de l'esprit pollué au moyen de la technique adéquate. Et comment l'esprit pollué est-il purifié au moyen de la technique adéquate?

    C'est le cas où un disciple des êtres nobles se remémore ses propres vertus, de la manière suivante: '[Elles ne sont pas] incertaines, ni enfreintes, [elles sont] sans tâche, insouillées, libérantes, louées par les sages, non ternies, elles mènent à la concentration.' Pendant qu'il se remémore le Sangha, son esprit se calme et la joie y apparaît; les impuretés de son esprit sont abandonnées, tout comme lorsqu'un mirroir est nettoyé au moyen de la technique adéquate.
    Et comment un mirroir est-il nettoyé au moyen de la technique adéquate? Au moyen d'huile, de cendres et de peau de chamois, et de l'effort humain approprié. C'est ainsi qu'un mirroir est nettoyé au moyen de la technique adéquate. De la même manière, l'esprit pollué est purifié au moyen de la technique adéquate. Et comment l'esprit pollué est-il purifié au moyen de la technique adéquate?
    C'est le cas où un disciple des êtres nobles se remémore ses propres vertus, de la manière suivante: '[Elles ne sont pas] incertaines, ni enfreintes, [elles sont] sans tâche, insouillées, libérantes, louées par les sages, non ternies, elles mènent à la concentration.' Pendant qu'il se remémore le Sangha, son esprit se calme et la joie y apparaît; les impuretés de son esprit sont abandonnées.
    Il est ainsi appelé un disciple des être nobles entreprenant le Dhamma-Uposatha. Il vit avec le Sangha. C'est grâce au Sangha que son esprit est calmé, que la joie apparaît et que les impuretés de son esprit son abandonnées. C'est ainsi que l'esprit est purifié au moyen de la technique adéquate.



    L'Uposatha des êtres nobles est la purification de l'esprit pollué au moyen de la technique adéquate. Et comment l'esprit pollué est-il purifié au moyen de la technique adéquate?

    C'est le cas où un disciple des êtres nobles se remémore les devas, de la manière suivante: 'Il y a les devas des Quatre Grands Rois, les devas du Trente-trois, les devas Yama, les devas satisfaits, les devas qui se réjouissent dans la création, les devas qui ont le pouvoir sur la création des autres, les devas qui sont la compagnie de Brahmā, les devas qui sont au-delà d'eux. Quelle que soit la conviction dont ils étaient pourvus lorsque, quittant cette existence, ils réapparurent là-bas, cette même conviction est également présente en moi. Quelle que soit la vertu dont ils étaient pourvus lorsque, quittant cette existence, ils réapparurent là-bas, cette même vertu est également présente en moi. Quelle que soit la connaissance dont ils étaient pourvus lorsque, quittant cette existence, ils réapparurent là-bas, cette même connaissance est également présente en moi. Quelle que soit la générosité dont ils étaient pourvus lorsque, quittant cette existence, ils réapparurent là-bas, cette même générosité est également présente en moi. Quelle que soit la sagesse dont ils étaient pourvus lorsque, quittant cette existence, ils réapparurent là-bas, cette même sagesse est également présente en moi. Pendant qu'il se remémore le Sangha, son esprit se calme et la joie y apparaît; les impuretés de son esprit sont abandonnées, tout comme lorsque l'or est nettoyé au moyen de la technique adéquate.
    Et comment l'or est-il nettoyé au moyen de la technique adéquate? Au moyen d'un fourneau, de terre salée, de craie rouge, d'un soufflet, de pinces, et de l'effort humain approprié. C'est ainsi que l'or est nettoyé au moyen de la technique adéquate. De la même manière, l'esprit pollué est purifié au moyen de la technique adéquate. Et comment l'esprit pollué est-il purifié au moyen de la technique adéquate?
    C'est le cas où un disciple des êtres nobles se remémore les devas, de la manière suivante: 'Il y a les devas des Quatre Grands Rois, les devas du Trente-trois, les devas Yama, les devas satisfaits, les devas qui se réjouissent dans la création, les devas qui ont le pouvoir sur la création des autres, les devas qui sont la compagnie de Brahmā, les devas qui sont au-delà d'eux. Quelle que soit la conviction dont ils étaient pourvus lorsque, quittant cette existence, ils réapparurent là-bas, cette même conviction est également présente en moi. Quelle que soit la vertu dont ils étaient pourvus lorsque, quittant cette existence, ils réapparurent là-bas, cette même vertu est également présente en moi. Quelle que soit la connaissance dont ils étaient pourvus lorsque, quittant cette existence, ils réapparurent là-bas, cette même connaissance est également présente en moi. Quelle que soit la générosité dont ils étaient pourvus lorsque, quittant cette existence, ils réapparurent là-bas, cette même générosité est également présente en moi. Quelle que soit la sagesse dont ils étaient pourvus lorsque, quittant cette existence, ils réapparurent là-bas, cette même sagesse est également présente en moi. Pendant qu'il se remémore le Sangha, son esprit se calme et la joie y apparaît; les impuretés de son esprit sont abandonnées.
    Il est ainsi appelé un disciple des être nobles entreprenant le Dhamma-Uposatha. Il vit avec les devas. C'est grâce aux devas que son esprit est calmé, que la joie apparaît et que les impuretés de son esprit son abandonnées. C'est ainsi que l'esprit est purifié au moyen de la technique adéquate.



    En outre, le disciple des êtres nobles raisonne de la manière suivante: 'Aussi longtemps qu'ils vivent, les arahants - abandonnant le meurtre - s'abstiennent de tuer. Ils demeurent en ayant déposé le bâton, déposé le couteau, scrupuleux, miséricordieux, compatissants pour le bien-être de tous les êtres. Aujourd'hui, moi aussi, pour la durée de cette journée et de cette nuit - abandonnant le meurtre - je m'abstiens de tuer. Je demeure en ayant déposé le bâton, déposé le couteau, scrupuleux, miséricordieux, compatissants pour le bien-être de tous les êtres. De cette manière, je prends exemple sur les arahants, et mon Uposatha sera observé.'

    'Aussi longtemps qu'ils vivent, les arahants - abandonnant l'appropriation de ce qui n'a pas été donné - s'abstiennent de prendre ce qui n'a pas été donné. Ils ne prennent que ce qui a été donné, n'acceptent que ce qui est donné, ne vivent pas de vol, mais au moyen d'un soi qui est devenu pur.1 Aujourd'hui, moi aussi, pour la durée de cette journée et de cette nuit - abandonnant l'appropriation de ce qui n'a pas été donné - je m'abstiens de prendre ce qui n'a pas été donné. Je ne prends que ce qui a été donné, n'accepte que ce qui est donné, ne vis pas de vol, mais au moyen d'un moi qui est devenu pur. De cette manière, je prends exemple sur les arahants, et mon Uposatha sera observé.'

    'Aussi longtemps qu'ils vivent, les arahants - abandonnant le non célibat - vivent une vie de célibat, distante, s'abstenant de l'acte sexuel, qui est l'apanage des villageois. Aujourd'hui, moi aussi, pour la durée de cette journée et de cette nuit - abandonnant le non célibat - je vis une vie de célibat, distante, m'abstenant de l'acte sexuel, qui est l'apanage des villageois. De cette manière, je prends exemple sur les arahants, et mon Uposatha sera observé.'

    'Aussi longtemps qu'ils vivent, les arahants - abandonnant les paroles fausses - s'abstiennent des faux discours. Ils disent la vérité, ils sont fermes, fiables, ils ne trompent pas le monde. Aujourd'hui, moi aussi, pour la durée de cette journée et de cette nuit - abandonnant les paroles fausses - je m'abstiens des faux discours. Je dis la vérité, je suis ferme, fiable, je ne trompe pas le monde. De cette manière, je prends exemple sur les arahants, et mon Uposatha sera observé.'

    'Aussi longtemps qu'ils vivent, les arahants - abandonnant les liqueurs fermentées et distillées qui provoquent la négligence - s'abstiennent des liqueurs fermentées et distillées qui provoquent la négligence. Aujourd'hui, moi aussi, pour la durée de cette journée et de cette nuit - abandonnant les liqueurs fermentées et distillées qui provoquent la négligence - je m'abstiens des liqueurs fermentées et distillées qui provoquent la négligence. De cette manière, je prends exemple sur les arahants, et mon Uposatha sera observé.'

    'Aussi longtemps qu'ils vivent, les arahants ne prennent qu'un repas par jour, s'abstenant de manger le soir, s'abstenant de manger au mauvais moment de la journée (de midi jusqu'au soir). Aujourd'hui, moi aussi, pour la durée de cette journée et de cette nuit je ne prends qu'un seul repas, je m'abstiens de manger le soir et au mauvais moment de la journée. De cette manière, je prends exemple sur les arahants, et mon Uposatha sera observé.'

    'Aussi longtemps qu'ils vivent, les arahants s'abstiennent de danser, de chanter, d'écouter de la musique, d'assister à des représentations, de porter de guirlandes, de s'embellir avec des parfums et des cosmétiques. Aujourd'hui, moi aussi, pour la durée de cette journée et de cette nuit, je m'abstiens de danser, de chanter, d'écouter de la musique, d'assister à des représentations, de porter de guirlandes, de m'embellir avec des parfums et des cosmétiques. De cette manière, je prends exemple sur les arahants, et mon Uposatha sera observé.'

    'Aussi longtemps qu'ils vivent, les arahants - abandonnant les lits ainsi que les sièges hauts et imposants - s'abstiennent d'utiliser des lits ainsi que des sièges hauts et imposants. Ils se font des lits bas, sur une palette ou des fétus de paille. Aujourd'hui, moi aussi, pour la durée de cette journée et de cette nuit - abandonnant les lits ainsi que les sièges hauts et imposants - je m'abstiens d'utiliser des lits ainsi que des sièges hauts et imposants. Je me fais des lits bas, sur une palette ou des fétus de paille. De cette manière, je prends exemple sur les arahants, et mon Uposatha sera observé.'

    Tel est l'Uposatha des êtres nobles, Visākhā. Lorsque l'Uposatha des êtres nobles est entrepris, cela porte de grand fruits et de grands bienfaits, c'est de grande gloire et de grand éclat.



Et comment est-ce de grands fruits et de grands bienfaits, de grande gloire et de grand éclat?

    Suppose que quelqu'un exerce la royauté, le commandement et la souveraineté sur ces seize grandes contrées, pourvues des sept trésors: sur les Aṅgās, Magadhāns, Kāsīs, Kosalāns, Vajjīans, Mallās, Cetīs, Vaṅgās, Kurūs, Pañcālās, Macchās, Sūrasenās, Assakās, Avantīs, Gandhārās et Kambojāns. Cela ne vaudrait pas un seizième de cet Uposatha pourvu de huit facteurs. Pourquoi cela? La royauté sur les êtres humains est insignifiante comparée avec la félicité céleste.

    Cinquante années humaines sont égales à un jour et une nuit parmi les devas du plan d'existence des Quatre Grands Rois. Trente tels jours et nuits forment un mois. Douze tels mois forment une année. Cinq cent telles années célestes constituent la durée de vie des devas du plan d'existence des Quatre Grands Rois. Maintenant, il est possible qu'un certain homme ou une certaine femme - par l'observation de cet Uposatha pourvu de huit facteurs - lors de la séparation du corps, après la mort, renaisse parmi les devas du plan d'existence des Quatre Grands Rois. C'est en référence à ceci qu'il a été dit: 'La royauté sur les êtres humains est insignifiante comparée avec la félicité céleste.'

    Un siècle humain est égal à un jour et une nuit parmi les devas de Tāvatiṃsā. Trente tels jours et nuits forment un mois. Douze tels mois forment une année. Cinq cent telles années célestes constituent la durée de vie des devas de Tāvatiṃsā. Maintenant, il est possible qu'un certain homme ou une certaine femme - par l'observation de cet Uposatha pourvu de huit facteurs - lors de la séparation du corps, après la mort, renaisse parmi les devas du plan d'existence de Tāvatiṃsā. C'est en référence à ceci qu'il a été dit: 'La royauté sur les êtres humains est insignifiante comparée avec la félicité céleste.'

    Deux siècles humains sont égaux à un jour et une nuit parmi les devas Yāmā... Deux mille telles années célestes constituent la durée de vie des devas Yāmā...

    Quatre siècles humains sont égaux à un jour et une nuit parmi les devas Tusitā... Quatre mille telles années célestes constituent la durée de vie des devas Tusitā...

    Huit siècles humains sont égaux à un jour et une nuit parmi les devas Nimmānaratī... Huit mille telles années célestes constituent la durée de vie des devas Nimmānaratī...

    Seize siècles humains sont égaux à un jour et une nuit parmi les devas Paranimmitavasavattī. Trente tels jours et nuits forment un mois. Douze tels mois forment une année. Seize mille telles années célestes constituent la durée de vie des devas Paranimmitavasavattī. Maintenant, il est possible qu'un certain homme ou une certaine femme - par l'observation de cet Uposatha pourvu de huit facteurs - lors de la séparation du corps, après la mort, renaisse parmi les devas Paranimmitavasavattī. C'est en référence à ceci qu'il a été dit: 'La royauté sur les êtres humains est insignifiante comparée avec la félicité céleste.'



Il ne faut pas tuer d'êtres
Ni prendre ce qui n'a pas été donné
Ne pas mentir
Ni boire de boissons fortes.
Il faut s'abstenir du non-célibat, l'acte sexuel,
Ne pas manger le soir ni au mauvais moment de la journée
Ne pas porter de guirlande ou utiliser un parfum.
Il faut dormir sur une palette, ou une natte posée sur le sol,
Car cet Uposatha à huit facteurs
A été proclamé par le Bouddha
Pour mener à la cessation de la souffrance.

La lune et le soleil, tous deux beaux à voir,
Répandant leur éclat partout là où ils se trouvent,
Et dissipant l'obscurité lorsqu'ils se déplacent dans l'espace,
Eclairent le ciel, illuminant les quatre horizons.
A leur portée, on trouve la prospérité:
Perles, cristal, béryl, amulettes, platine, pépites d'or,
Et l'or raffiné appelé 'Haṭaka'.
Cependant - tout comme il en va avec la lumière des étoiles
Lorsqu'elle est comparée à celle de la lune -
Ils ne valent pas un seizième de l'Uposatha à huit facteurs.

Donc quiconque - homme ou femme -
Est pourvu des vertus de l'Uposatha à huit facteurs,
Ayant accompli des actes méritoires,
Qui produisent la félicité, qui sont au-delà des reproches,
Se dirige vers une existence céleste.


Bodhi leaf



Notes

1. vivent au moyen d'un soi qui est devenu pur : cela fait sans doute référence au fait que le bhikkhu vit de ses aumônes, et que les aumônes lui sont offertes parce qu'il est quelqu'un de pur, qui apporte à ses bienfaiteurs quelque chose d'immatériel à laquelle ils n'ont accès que par son intermédiaire.




Traduit de l'Anglais par le webmestre, d'après le travail effectué à partir du Pali par Thanissaro Bhikkhu.